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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 16:45

Johan Fredrick Von Goldberg Steiner 

 

 

                                                                         

                                   Là bas

                              

      -partie I-

 

 

            Cela fait seize ans que je vis en cette terre, et je peux affirmer que ma vie n’est pas du tout à l’image de ce que peut bien en penser autrui. Etant enfant unique, et légitime successeur de la lignée des Goldberg Steiner, je me vois sans cesse être la cible de ce que j’appellerai le conflit des classes. Certes, je suis issu de la grande bourgeoisie, et je n’ai jamais connu ni le manque, ni le besoin. Mais cela ne s’applique qu’au domaine du matériel : je souffre d’une carence affective prononcée, et ce, depuis le jour de ma naissance. La douleur d’une mère absente. Je poussais à peine mon premier cri, qu’elle rendait son dernier souffle. Une naissance au goût de sang pour un enfant nourri au miel. Malheureusement, même le plus riche des hommes ne peut empêcher la mort de prendre ceux qui lui sont chers, alors mon géniteur s’est mis à me haïr pour le décès de ma mère. Il m’aurait bien étranglé avec mon propre cordon ombilical s’il le pouvait, mais cela aurait entaché son image. Il lui est bien plus simple de vouer une haine viscérale au fruit de ses entrailles. Nos rapports se limitent aux liens financiers, rythmés par la cadence des virements bancaires qu’il effectue sur mon compte. Ici je vis seul, même si le personnel de maison m’a pris en affection depuis les malheureux évènements précédant ma première arrivée au manoir. Mais ils me voient plus comme un triste patron maudit que comme un ami. Des amis, je n’en ai eu qu’un. Un véritable ami. Mais le destin a décidé de nous séparer alors que nous allions entrer au collège. Tous les autres ne sont que des abeilles attirées par le doux parfum que laisse planer l’argent. Des amoureux du profit, qui ne se soucient que d’obtenir les faveurs de mon portefeuille, au détriment de ma pauvre personne. Heureusement, il y a « Là bas ». Ce lieu où personne ne connait ma situation, où je peux enfin vivre comme tout le monde, avoir des amis, parler de tout et de rien. Là bas, je suis une personne à part entière, pas un fils de riche, pas le surdoué que l’on frappe à la sortie du lycée, que l’on rackette, et que l’on humilie. Non, là bas je suis un autre homme, respecté, aimé, et intégré. Là bas, j’ai fait la rencontre d’une personne extraordinaire, un ami qui me respecte pour ce que je suis, et non pour ce que je possède. Cela me change bien de la vie de solitude et de tristesse que je menais jusqu’à présent. Depuis maintenant trois ans, je suis comme un schizophrène, à partager mon moi d’ici et mon moi de là bas. Ici je ne suis rien, je suis celui dont on ne remarque pas la présence. Premier de la classe, médiocre en éducation physique, n’appartenant à aucun club, sans aucun style vestimentaire, ni petite amie, pas de charisme, pas de prestance, je suis frêle, petit, et le comble, c’est que je porte des lunettes. Bref, je n’ai rien pour satisfaire la norme, si ce n’est un compte bancaire grassement rempli. Là bas, en revanche, le physique ne compte pas, on ne juge pas un homme à son apparence, ni à son niveau d’étude... A croire que la norme n’a pas la moindre emprise sur quoi que ce soit. Ici je suis sans cesse maltraité, mon univers s’arrête là où commence celui des autres. Comment suis-je devenu un laissé pour compte ? Pourquoi est ce que personne ne m’aime? Je respecte pourtant les règles établies. A quoi bon être surdoué, si cela ne me permet pas de me lier aux autres ? Ici je ne suis qu’un chien. Un chien au service d’un système qui me rejette. Là bas c’est l’effet inverse. Serait-ce une simple création de mon esprit, une parade qu’aurait conçue ma psyché, mon inconscient pour palier aux souffrances de cette réalité qui me tue ? Non cela est totalement impossible, mes liens avec les autres, sont bel et bien réels, ils ne sont pas de simples avatars créés par mon imagination... De plus, ils ne répondent pas spécialement à mes attentes, et, malgré mon absence, le temps continue de s’y écouler. Heureusement pour moi que personne ne connaît mon identité réelle, cela me permet d’y mener la vie dont j’ai toujours rêvé. Mener une double vie ne me dérange pas, ma vie ici comporte aussi bien des avantages. J’assume très bien le fait de passer d’un milieu à l’autre, c’est un dédoublement de la personnalité qui est tellement infime, qu’il ne fait pas de moi une personne déviante. Du moins, ça ne me rend pas plus déviant que je ne le suis déjà. Ma souffrance est récurrente, mais l’équilibre réside en partie dans cette tendance masochiste qui me rappelle à quel point je suis mieux là bas. Je suis sûrement fou en fin de compte, j’ai besoin de subir cette malédiction afin d’assouvir mon addiction, cumuler la haine pour la transformer en énergie créatrice, il n’y a décidément pas de mal sans bien. Ici je rêve de tuer mon géniteur, de tabasser ce fichu motard qui me martyrise jour après jour, de brûler les codes en vigueur, de détruire les fondements de la norme sociale, je rêve de tout voir réduit a néant. Ce monde est injuste. Heureusement pour moi, j’y ai trouvé l’endroit de mes rêves. Là bas, j’ai une copine qui m’aime, des amis fidèles, tout un entourage qui me félicite lorsque je réussis, qui m’invite à boire un verre de temps à autres, un entourage de garçons et de filles qui ne se soucient pas de mes biens, et qui ne jure que par le moment présent. Alors je pense que si ici je suis un chien, alors là bas je suis un loup. Ici un chien la tête basse et la queue entre les jambes, un chien qui suit les pas de son maître, comme nous suivons ce gouvernement radical et inhumain. Ici nous sommes tous des chiens du système depuis notre plus jeune âge, suivant le courant sans jamais nous retourner. Personne ne l’ose parce que tout le monde a peur. Cette peur ancrée en chacun de nous par le lavage de cerveau constant qu’entretient ce fichu pouvoir. Si seulement nous avions le courage des colons pour nous rebeller afin que cesse enfin cette mascarade... Si seulement nous possédions ce courage qui les fait se dresser contre le reste du monde. Comparés à eux, nous ne valons pas mieux que des nouveaux nés. Nous ne sommes que des chiens incapables de mordre la main du maître. En revanche, là bas nous sommes tous des loups, une meute de loups, où la différence n’est pas un handicap, bien au contraire... Les loups n’ont pas de maître, ils ont un chef, régis par la meute, ils n’ont pas de norme, ils sont les chasseurs, non les chassés, les loups sont les créatures du changement, et aucun gouvernement ne les fera plier, car les loups n’ont pas de dents, ils ont des crocs, et la blessure est toujours mortelle. La vie est une chose bien futile mais qui réserve une multitude de possibilités plus jubilatoires les unes que les autres. Si ici est indissociable de là bas, il est certain que j’appartiens à l’un comme à l’autre, même si quand mon corps est ici, mon cœur, est là bas.…

 

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Published by Decristo - dans NEED
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commentaires

Decristo 05/05/2010 12:08



Juste pour l'annecdote, en voyant les commentaires positifs au dessus, je me sens obligé de préciser que l'auteur de ce texte le trouvait "pas terrible", et ne voulait plus le mettre dans le
livre... ça aurait été dommage, non...?


Au passage, je vous fait la pub : l'auteur de ce texte que vous avez l'air d'apprécier va réouvrir son blog dans quelques temps, pour y mettre sa propre histoire...


Info à suivre, car j'ai vu les premiers textes, et ils sont pas mal du tout...



Agevalram 04/05/2010 20:00



J'aime ! (j'ai pas grand chose d'autre à dire, on va pas disséquer le texte, il se suffit à lui-même!)


Et juste, pour faire la rabajou de service, il y un faute de frappe vers la fin, à 'si seulement nous possédions ce courage', c'est mis 'di seulement'


Où alors, c'est vraiment "di" mais dans ce cas, j'ai pas saisi la subtilité !



Decristo 04/05/2010 20:42



non non, t'as raison, faute de frappe...


 



Grenade 04/05/2010 19:20



Je n'en étais pas surmerci de m'avoir répondu.


a bientot et bisous à vos neurones


ptinuage



Decristo 04/05/2010 19:30



pas de souci^^



Grenade 04/05/2010 17:09



oui je le relis pour bien comprendre, c'est un verritable puzzle comme tu dis!(les casse tete... j'ador cccccaa lol) une fois que j'aurais fini de relir je te donnerais mes impression .


Felicite ton co-auteur de ma part vous faite un travaille de fou!! magnifique


a bientot et bisous a VOS neurones


ptinuage


 



Decristo 04/05/2010 18:36



Mon co-auteur, vu les commentaires que je vois ce soir, tu l'as déjà rencontré : c'est Shinro.


Il a vu ton post et y a répondu, mais ça, tu l'as peut e^tre déjà vu avant que je réponde à ton message ^^



shinro 04/05/2010 11:14



year des pures commentaires comme ça c'est de la tuerie^^