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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 22:11

10 : 30 Cours d’éducation civique.

 

Au moment de son entrée en salle de cours, Den croise le regard de Fredrick qui le dévisage d’un air accusateur. En retour, il lui lance un regard froid qui a pour effet immédiat de le renvoyer vaquer à ses occupations. Même si cela ne l’empêche pas de se retourner de temps à autres pour confirmer qu’il ne se trompe pas sur son identité. Fred pense encore à la réaction de Den qui était plutôt exagérée. Il aurait préféré qu’il le reconnaisse immédiatement, comme ça ils auraient pu ressasser les souvenirs du passé. Mais cela fait déjà quelques années que Den a déménagé, et bien du temps a passé. De plus, les rumeurs à son sujet en font une mauvaise fréquentation.

 

Den en revanche, semble plutôt agacé par les regards incessants de ses camarades de classe. Même si la plupart ne lui sont pas inconnus, il préfère garder ses distances. De l’eau a coulé sous les ponts depuis le primaire, et il n’est plus du genre à jouer les bons camarades. La comédie, ce n’est pas son fort. Ses récentes expériences le poussent à penser que les gens sont faux, pleins de vice et de préjugés débiles. Alors plutôt que de se lier d’amitié avec des personnes sans intérêt, il préfère la solitude. C’est plus facile à gérer que des liens complexes qui se terminent souvent par des blessures dures à digérer, et des cicatrices impossibles à effacer.

Il regarde l’heure, c’est bientôt la fin du cours. Tant mieux, le cours est d’un ennui…

A peine le temps de rêvasser quelques secondes, et le prof l’interpelle. 

 

« Monsieur Tokugawa Denichi… »

Juste le temps de prononcer son nom et la classe entière se retourne dans sa direction, comme si le prof leur avait enfin donné l’opportunité d’entendre la voix du nouveau. 

 

« …Huhum ! Veuillez nous lire le paragraphe concernant les droits du citoyen, s’il vous plaît... »

 

A ce moment, la sonnerie retentit, au grand mécontentement du reste de la classe qui vient de perdre une belle occasion de voir s’exprimer leur récent centre d’intérêt. Den est soulagé, il déteste faire don de sa voix comme le ferait un élève lambda.

 

           

            12 : 00  Pause.

           

Dans les couloirs il y a foule. Le brouhaha causé par les élèves emplit les couloirs d’une atmosphère festive qui ne semble pas atteindre le cher Tokugawa, qui préfère se tenir à distance, mains dans les poches, regard froid, un bad boy dans un monde où règne l’homogénéité.

Devant le distributeur, il y a un groupe de filles. Elles se concertent sur le repas le mieux adapté à leur ligne, il serait dommage que quelques calories de trop nuisent à leurs silhouettes si '' raffinées ''. Non loin de là,  dans l’espoir que cesse cette torture, Den s’impatiente. Ce genre de filles lui donne la nausée, toujours à se soucier du moindre milligramme qui pourrait entacher leur misérable réputation. Si superficielles, si bêtes... La réaction ne se fait pas attendre. Den tousse un bon coup pour manifester sa présence. Les filles se retournent et le remarquent enfin. Leur réaction montre bien que le nouveau ne les laisse pas indifférentes. L’une d’elles prend la parole, lui disant avec gentillesse qu’il peut leur passer devant afin de se servir. Ni une ni deux Den se faufile entre elles et se rend devant le distributeur. Celle qui lui a proposé de passer change totalement d’expression lorsqu’elle constate qu’il n’a même pas daigné dire merci. Elle lui en fait ouvertement le reproche. Mais la réaction de Den n’a pas l’effet escompté. Il tourne la tête, et la foudroie du regard, ce qui a pour effet de laisser planer un silence, rapidement brisé par le bruit des pièces de monnaie qu’il cherche dans ses poches. Les filles restent figées, ne s’attendant pas à un tel comportement elles préfèrent le laisser faire afin qu’il s’en aille au plus vite. Repas en main, il passe son chemin sentant sur son dos le poids des regards critiques et des remarques sans intérêt.

De nouveau sur le toit de l’école, Denichi regarde encore la télé sur son holophone. Un onigiri* dans chaque mains, des grains de riz sur le contour de la bouche, on ne dirait plus un mauvais garçon, mais plutôt un gosse qui se goinfre sans prendre le temps de déguster son repas. Une bouchée par ci, une bouchée par là. Son festin fini, il se nettoie la bouche, ouvre une cannette de café chaud et s’allume une bonne clope tout en regardant la télé. Sans lui laisser la moindre minute de répit, son téléphone se met à sonner, lui indiquant que le numéro est inconnu et que le visio n’est pas accepté par l’interlocuteur. Il ne connaît pas la provenance de l’appel, mais il accepte quand même de décrocher.

«  Allo ? »

« Ouais c’est la Fouine. Ca va ? Tranquille ? »

 

Sa voie est masquée par un effet sûrement produit par un gadget électronique.

 

« Qu’est ce tu m’veux ? »

« Toujours aussi direct, toi. J’ai ce que tu m’avais demandé, avec un petit bonus maison. Il va falloir qu’on se voie. »

«  Même endroit même heure que la dernière fois. »

« Non mec, tu sais très bien que j’déteste revenir sur les lieux d’une transaction. On dit au Méga ? »

« Ca marche, le Méga. A sept heures pile. »

« Ok mec. A sept heures. Parole de Fouine. »

 

La communication coupée, un petit sourire en coin persiste sur le visage de Denichi. Apparemment cette nouvelle l’enchante au plus haut point. Mais la joie est de courte durée, un perturbateur vient de mettre les pieds sur le toit, et Den n’est pas partageur, surtout lorsqu’il s’agit de son espace de tranquillité. Il se trouve que le gêneur en question n’est autre que Fredrick. L’air hésitant, glacé par le regard obscur que Den lui lance, il s’avance vers lui et réussit enfin à trouver la force de lui parler.

 

 

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Published by Decristo - dans NEED
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